Gueret, creuset de la révolte ?

La Creuse, un des départements les moins peuplés de France, synonyme pour certain de vide sidéral. À tel point que son changement de dénomination avait été envisagé pour ne pas effrayer les éventuels candidats à l’exode urbain et repeupler ses vertes campagnes, la Creuse donc, en dépit de l’image dont « on » l’a affublée bouge encore.

Est-ce pour cela que d’aucuns semblent s’acharner dessus, le vider de toute vie restante ? Et il en reste de la vie dans ce pays, n’en déplaise aux lointains décideurs. Il en reste de l’envie de vivre, de vivre au pays, un choix librement consenti, une volonté même, qui s’accroche et qui s’oppose.

Pour preuve : coup de tonnerre, en 2004, 263 élus creusois démissionnent de leurs mandats pour protester contre la fermeture de 4 trésoreries ! La population excédée se mobilise. un collectif de défense des services publics voit le jour, composé de simples citoyens, de syndicats, (la CGT Finances publique a joué un rôle très important), de partis politiques, d’associations. Tous sont convaincus que la pérennité du territoire passe par le maintien d’un bon réseau de services publics.

Ce collectif décide d’organiser une manifestation nationale, un long travail de préparation commence, il durera plus de 6 mois. La date du 5 mars 2005 est choisie. Guéret sera, ce jour là, le symbole de la lutte des citoyens pour s’approprier, maintenir et renforcer les services publics, sur tout le territoire national. Le matin du 5 mars sera réservé à divers ateliers thématiques, l’après-midi à une grande manifestation.

Malgré une météo plus que capricieuse, la neige s’invitant même fortement à la manifestation, offrant ainsi un prétexte aux forces de l’ordre pour stopper les bus et véhicules qui souhaitaient rejoindre l’initiative, la journée est un immense succès. Près de 8000 personnes, venues de toute la France, font de Guéret la capitale de la défense des services publics. Guéret, oui, Guéret la quasi-inconnue retient l’attention des médias nationaux. Une image passera même en boucle : celle d’un homme politique venu apporter son soutien aux manifestants et qui reçoit force boules de neige.

Et c’est ce même homme politique, devenu depuis le plus haut personnage de l’État qui, en poursuivant la politique de baisse de la dépense publique menée par ses prédécesseurs est à l’origine de la nouvelle manifestation nationale qui se déroulera à nouveau à Guéret, le samedi 13 juin 2015.

Celui-la même qui soutenait et approuvait (!?) la manifestation de 2005 considère aujourd’hui les services publics, nationaux et locaux, comme une simple charge et les droits sociaux comme une lourdeur insupportable. Et plutôt que de s’attaquer à la fraude, à l’évasion fiscale et à la charge indue de la dette, plutôt que de s’attaquer aux profits exubérants des entreprises et de procéder enfin à une véritable réforme fiscale, toujours promise, jamais réalisée, il procède au démantèlement de ces services, en les privatisant, en rognant sans cesse sur leur qualité et leur proximité.

10 ans après la première manifestation, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. L’association « Convergence nationale des collectifs de défense des services publics » décide donc d’une nouvelle manifestation, avec l’ambition de la réussir plus forte, plus grande que sa devancière, en atteignant le chiffre de 10000 manifestants.

Un village des services publics sera monté. Différentes manifestations se dérouleront toute la journée du 13 juin. Le lendemain, dimanche 14 juin, sera consacré au lancement d’assises nationales et d’un nouveau « manifeste du XXIe siècle ».

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