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La Halle aux vêtements victime des LBO

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les enseignes du prêt à porter qui prévoient de supprimer des milliers d’emplois, par exemple chez Vivarte (La Halle aux vêtement, André, Kookaï). Ces enseignes sont certes victimes de la compression de la demande due aux salaires gelés et au chômage de masse, mais elles sont aussi victimes de la rapacité sans limite des spéculateurs, en termes techniques : le LBO (voir note explicative ci-dessous).

En 2007 déjà, la CGT détaillait les conséquences mortifères de ce dispositif spéculatif :
LBO signifie « leveraged buy out », ce qui se traduit littéralement par « rachat d’entreprise avec effet de levier ». Il s’agit d’une technique financière par laquelle un fonds d’investissement rachète une entreprise en se finançant principalement (à hauteur de 75 % à 90 %) par endettement, ce financement par endettement permettant de réaliser un taux de profit supérieur à celui qu’il aurait obtenu s’il avait financé intégralement son acquisition en cash.

Cette technique est connue comme « levier d’endettement » : soit une entreprise qui a 100 millions d’euros de capitaux propres investis et qui réalise 15 millions d’euros de résultat.

Sa rentabilité économique égale sa rentabilité financière = (15/100 soit 15 %) car elle n’a pas de dette.

En revanche, si l’entreprise s’endette, elle a toujours 100 de capitaux investis, mais elle les a financés en partie par endettement. Par exemple 50M€ de crédits bancaires au taux de 5 % l’an, et 50M€ de capitaux propres.

La rentabilité économique est toujours de 15 % = 15/Capitaux investis = 15/100.
Mais la rentabilité financière est différente : le résultat net n’est plus de 15, mais de 15 –intérêts (5 % de 50, soit 2,5) = 12,5
La rentabilité financière est alors de 12,5/50 (montant des capitaux propres) soit 25 % au lieu de 15 %."

Le levier d’endettement est la clef du système. Le fond va rechercher l’effet de levier maximal, et donc va aller au plafond de l’endettement autorisé. Pour maximiser cet effet, l’endettement sera très long, et à la limite le montant de la dette ne baissera pas.

Si les LBO exercent assurément un effet bénéfique pour les financiers et les spéculateurs il n’en est pas de même pour les salariés des entreprises sous LBO...

Il faut très rapidement tailler dans les effectifs et peser sur les salaires. Et cette pression est d’autant plus forte que les durées d’investissement sont de plus en plus courtes, les fonds revendant l’entreprise à un autre opérateur (LBO secondaire, tertiaire etc.) comme cela s’est produit pour Camaïeu par exemple.

les LBO vont à l’encontre de l’investissement.Si l’objectif est de sortir au bout de 4 ou 5 ans, pourquoi se préoccuper de réaliser des investissements productifs dont l’effet ne se
manifestera que dans plusieurs années et qui peuvent peser les premières années sur la rentabilité de l’entreprise ?

Il est possible de rompre avec la logique spéculative du LBO tout en pérennisant les entreprises en leur permettant de développer l’emploi. cela implique un comportement différent du système financier. Les banques coopératives et mutualistes et le pôle financier public revendiqué par la CGT pourraient jouer un rôle central.

Note économique de la CGT sur les LBO
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