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Article publié le 9 février 2017.

La nécessité d’une hausse des investissements publics pour accroître l’activité et l’emploi

Il y a aujourd’hui une prise de conscience mondiale sur le rôle essentiel des investissements publics pour une bonne santé économique, contrairement à la politique menée par le gouvernement.

La CGT insiste depuis plusieurs années sur le fait que pour répondre aux besoins de la population, pour renforcer le potentiel productif et créer des emplois, il faut augmenter les investissements publics.

Ces investissements sont encore plus indispensables dans le contexte de cette crise économique, financière et sociale qui perdure depuis 2008. Le gouvernement a pris le chemin inverse. La politique d’austérité poursuivie pour répondre aux exigences des marchés financiers et satisfaire aux traités européens a conduit à une baisse de l’investissement public : celui-ci a reculé de 4,2 % à 3,5 % du produit intérieur brut (PIB). Sachant que deux tiers des investissements publics sont réalisés par les collectivités locales, on mesure l’ampleur des dégâts.

La nécessité d’une relance des investissements publics est de plus en plus reconnue ces dernières années. Les dirigeants des plus grandes économies du monde (G20) l’ont aussi reconnu lors de leur dernière réunion.

Un rapport de l’OFCE sur les investissements publics

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a rendu un rapport intitulé Investissement public, capital public et croissance. Les auteurs
partent du constat qu’un accroissement de l’investissement public est maintenant proposé par de nombreuses institutions internationales pour accroître l’activité en Europe. Ils rappellent les raisons fondamentales de la nécessité de l’investissement public : « L’investissement public adéquat augmente la croissance potentielle à long terme, l’activité à court terme et permet d’atteindre des objectifs de transition énergétique. » Les auteurs replacent ensuite le sujet dans le contexte actuel : « Du fait de la faiblesse des taux d’intérêt, des projets d’investissements publics peuvent être menés sans fortement peser sur les finances publiques. »

En effet, les investissements publics améliorent le potentiel productif du pays via l’éducation, la recherche, la santé, les infrastructures… Ils ont aussi un impact positif sur l’activité économique à court terme, ce qui est surtout un enjeu important dans les périodes d’atonie économique. Et pourtant, l’investissement public ne cesse de reculer en France.

Le rapport de l’OFCE procède à une estimation des effets positifs d’une hausse des investissements publics en France : « À long terme, les estimations des effets de l’investissement public varient du simple au double. Ces effets dépendent de manière cruciale de la sélection, de l’évaluation et de la gouvernance des projets d’investissement. »

Les auteurs insistent sur la nécessité d’une évaluation transparente des projets d’investissement publics pour « éviter les effets d’aubaine ou d’éviction ». Selon le rapport : « Les investissements pour la transition écologique, pour une amélioration du système éducatif ou encore les infrastructures de transport dans les villes congestionnées sont des candidats naturels. »

De tels investissements pourraient représenter un effort de 1 ou 2 % du PIB pendant quelques années.

Investissements publics : des effets à court terme

Le rapport énumère également les effets positifs de l’investissement public à court terme. Ainsi, une hausse de l’investissement public de l’ordre de 25 milliards d’euros par an, ce qui équivaut à 1 % du PIB, générerait « une hausse du PIB de 1,1% à trois ans et une réduction de 245 000 chômeurs si elle est financée par de la dette. Elle conduit cependant à une légère réduction de la balance courante et à un accroissement de la dette publique rapportée au PIB de 0,4% ».

Le rapport estime également les effets de la hausse de l’investissement public financée par une baisse d’autres dépenses publiques. Dans ce cas, une hausse de l’investissement public équivalent de 1 % du PIB conduirait à une hausse du PIB de 0,4% à trois ans.

Le rapport souligne également : « on ne trouve pas d’effet d’éviction de l’investissement public sur l’investissement privé en France sur données agrégées. » Ce constat est important dans le débat d’idées, car l’un des arguments des libéraux pour dénoncer les investissements publics est qu’ils conduiraient à une baisse des investissements privés.

Ces constats confortent ce que porte la CGT sur la nécessité des investissements publics et, au-delà, du développement des services publics de qualité. L’investissement public doit être aussi un levier pour favoriser l’égalité femmes-hommes, la formation, le salaire et pour résorber l’emploi précaire via les clauses sociales et les mesures de mieux disant social et l’attribution des marchés publics aux PME-PMI.

Article publié dans la lettre économique n°21 de la CGT.

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