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Les minimas sociaux ne sont souvent pas réclamés

Une des constantes des gouvernements en temps de crise, c’est de trouver des boucs émissaires facilement identifiables. Chaque crise, chaque gouvernement a eu les siens. Le gouvernement Valls ne déroge pas à la règle, et ne fait en la matière pas preuve d’une grande imagination. Ses fraudeurs à lui sont donc tout trouvés : les pauvres, les chômeurs, les bénéficiaires du RSA et autres revenus de - maigre - substitution, imaginés pour calmer d’éventuelles ardeurs revendicatives qui pourraient s’avérer dangereuses pour leur ordre établi.

C’est donc un fait acquis, tous ces « gens là » profiteraient effrontément des largesses de l’Etat et contribueraient ainsi à creuser le vide abyssal du déficit public.

Au delà des clichés, qu’en est-il réellement ?

Première surprise : le « non-recours » aux droits sociaux est un exercice très largement pratiqué en France, avec un taux de 68%, selon la Dares [1]. Cela représenterait un manque à distribuer de 5,2 milliards d’euros, selon de comité d’évaluation du RSA, un montant à lui seul supérieur à l’ensemble de la fraude aux prestations sociales. En clair, plus de 5 milliards d’euros ne vont pas dans la poche de ceux à qui ils sont destinés, simplement parce qu’ils ne les demandent pas !!!

Comment cela s’explique-t-il : nos « pauvres » ne le seraient-ils pas ?

En fait, la cause en est le manque d’information à destination de ces publics, mais aussi la complexité administrative et peut être surtout la stigmatisation dont font l’objet les bénéficiaires éventuels. Réclamer ou percevoir une aide sociale est toujours perçu, n’en déplaise aux pourfendeurs des « profiteurs de tous poils », comme honteux dans notre société, et ce également, par les demandeurs eux même.

Il faut également savoir que ce « non-recours » concerne également d’autres prestations, comme la CMU complémentaire (entre 21 et 34 % de non-demande), ou l’allocation complémentaire santé (ACS, entre 57 et 70 % de non-recours).

Notes

[1La DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) exerce une double fonction au sein du ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social et du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie . Elle éclaire le débat économique et social en produisant une information statistique régulière, elle éclaire la conception et la mise en oeuvre des politiques publiques au sein des deux ministères par la production d’analyses prospectives et par le suivi et l’évaluation des résultats des politiques menées.

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