Danger sur les docks ! (chapitre 1)

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C’est toujours impressionnants de voir ces énormes cargos, chargés jusqu’à la gueule, dégoulinant presque de conteneurs, gros cubes colorés qui semblent en équilibre bien instable sur les ponts pénétrer lentement dans les ports européens, pour y décharger leurs marchandises, en provenance du monde entier. A la lecture des noms, souvent très exotiques figurant sur les flancs ondulés de ces boites, on devine la provenance des contenus, de même que le port d’attache des cargos, qui n’ont que peu de rapport avec la vieille Europe.

Ainsi, chaque semaine, ce sont plus de 90000 conteneurs qui transitent par les ports français, manipulés par plusieurs milliers de salariés.

Leur contenu est divers, les marchandises multiples, destinées à assouvir la soif de consommation occidentale, allant de l’indispensable au superflu. Mais sait on assez que chaque jour, les travailleurs sur les ports, dockers, douaniers, magasiniers, logisticiens, chauffeurs routiers mettent leur santé, voire leur vie en danger en effectuant ce geste aussi banal qu’ouvrir ces conteneurs maritimes pour les décharger ou en contrôler le contenu.

En effet, l’atmosphère de nombre de ces « boites » contient des gaz et vapeurs toxiques, et parfois dans de très grandes proportions. La situation est telle, sa gravité si lourde de conséquences, que de nombreux pays ont pris des mesures drastiques pour contenir ces risques et protéger les intervenants. Rien de tel en France jusqu’à présent, aucune protection n’est prévue pour ces milliers de salariés.

Pourtant, pour le seul port du Havre (premier port français pour les conteneurs), plus de 2,5 millions de conteneurs ont été débarqués en 2007 (+101% en 10 ans), et l’objectif à moyen terme est de 6 millions. L’enjeu est donc de taille et la question de première importance pour la santé des salariés et travailleurs portuaires.

Une enquête, conduite dès 2002 a démontré que 97% des conteneurs débarqués à l’époque dans les ports de Hambourg et Rotterdam présentaient des gaz toxiques. Ces chiffres ont par la suite été confirmés par de nombreuses études, menées tant en Europe qu’en Australie ou en Nouvelle Zélande.

En France, à ce jour, aucune mesure de protection des travailleurs, ni des consommateurs (destinataires in fine de ces marchandises), n’a encore été prise.
La CGT a organisé sur ce thème un colloque le 18 novembre dernier.

(à suivre, dossier technique, interview et solutions...)

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