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Article publié le 17 novembre 2017.

Paradise Papers & Co – Donnez nous les moyens d’arrêter le massacre !

Cette nouvelle affaire des paradises papers, exprime à la perfection le cynisme de notre temps. Car si les personnes physiques ou les entreprises épinglées sont moralement coupables, elles ne le sont pas légalement. Elles profitent simplement de la complaisance des gouvernants en la matière. C’est bien cela le caractère le plus révoltant de cette histoire. Rappelons au passage que le consortium de journalistes qui a révélé ce scandale estime à 350 milliards le manque à gagner pour les États.

Pourtant les gouvernements ne prennent aucune disposition réellement efficace pour endiguer l’évasion fiscale et se contentent de postures de principe pour berner l’opinion quant à leurs réelles intentions. En réalité, tolérer l’évasion fiscale fait partie pour les gouvernements du jeu suicidaire qu’ils mènent en matière de concurrence fiscale.

Alors que le gouvernement français demande d’immenses efforts aux plus humbles (baisse des APL, augmentation de la CSG pour les retraités, casse du code du travail, suppressions de services publics...), il couvre de cadeaux les plus fortunés (baisse de l’ISF, taxation forfaitaire des revenus du capital, augmentation des niches fiscales comme le CICE, baisse de l’impôt sur les société).

Qu’il s’agisse des détournements légaux (optimisation fiscale) ou illégaux (fraude fiscale) tout est fait pour organiser l’impunité des ultra-riches ou des multinationales.

Par ces pratiques, ce sont les fondations de notre civilisation qui sont attaquées. Si nous continuons à laisser faire, si nous, citoyens continuons à nous laisser piller c’est notre modèle social qui sera rapidement balayé. Les budgets des États, une fois siphonnés par cette ultra-minorité d’ultra riches, ce sont nos services publics, notre protection sociale qui ne seront plus finançables. Réagissons avant qu’il ne soit trop tard.

Il faut prendre de nouvelles mesures pour lutter contre l’opacité bancaire mais aussi infliger de véritables sanctions lourdes et dissuasives aux pays qui ne coopèrent pas. Il faut instaurer de nouveaux mécanismes législatifs pour mettre fin au jeu de massacre des finances publiques.

Les orientations gouvernementales sabordent à dessein les moyens des services des finances. Il est prévu 2 500 suppressions de postes à l’horizon 2020 à la Banque de France. A Bercy plus de 30 000 emplois ont été supprimés en 10 ans. La trajectoire dessinée par « action publique 2022 » va aggraver encore l’impuissance de l’État à endiguer cette hémorragie dans les finances publiques.

Exigeons des moyen humains et législatifs suffisants pour mettre fin à ces détournements organisés d’argent public. Pour lutter efficacement contre l’évasion et la fraude fiscales, il faut donc renforcer les services de l’autorité prudentielle de contrôle (Banque de France) afin de mieux contrôler les agissements des banques. Il faut également recréer immédiatement au moins 20 000 postes aux finances publiques et à la douane pour lutter contre la fraude fiscales. 20 000 postes « coûtent » 1,5 milliards d’euros par an, la fraude et l’évasion coûtent à tous 100 milliards d’euros par an, faites votre choix !

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