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Article publié le 8 février 2017.

Utiliser les statistiques publiques pour critiquer certaines idées reçues

Le cahier « Les entreprises en France » publié par l’Insee permet de nourrir le discours syndical, par exemple sur les Très petites entreprises.

L’Insee publie annuellement, dans la collection « Insee-références », un cahier intitulé « Les entreprises en France ». Cette publication offre une vue d’ensemble et fourmille d’informations utiles sur les structures du système productif. Elle inclut aussi des dossiers qui peuvent être intéressants pour critiquer certaines idées reçues et qui trouvent rarement un écho dans la presse. Ainsi, la livraison 2016 présente, entre autres, deux dossiers sur l’organisation des entreprises et sur les exportations, en particulier des PME.

Contrairement à ce qu’on peut imaginer, l’organisation des entreprises, unités légales, en groupes ne concerne pas seulement les grandes unités : « l’organisation en groupes est réelle dès les petites tailles, elle est même prépondérante pour les entreprises de 20 à 50 salariés qui se développent. Ainsi, les PME de moins de 50 salariés qui grossissent se transforment souvent en groupes de deux PME plutôt que de devenir une unité légale de plus de 50 salariés ».

La croissance des PME passe donc, en fait, par les groupes : absorption par des groupes déjà existants ou création de nouvelles unités légales qui ne sont pas indépendantes mais incluses dans de nouveaux groupes, souvent petits et moyens. Que cela corresponde ou non à la volonté de contourner les lois sur les seuils sociaux et obligations diverses (en particulier à 50 salariés), cette réalité remet en cause un certain discours patronal, relayé par certains économistes, selon lequel « on » empêcherait en France les entreprises de se développer (« comme en Allemagne », ajoute-t-on souvent).

Des difficultés liées au financement des PME

Autre indication utile de cette publication : « Les opérations d’exportation génèrent en effet des besoins de trésorerie plus importants que les transactions sur les marchés domestiques, pour faire face à des délais de paiement importants dans les transactions internationales ».

Les difficultés des PME à l’exportation ont ainsi des causes liées directement à leur financement. Celles-ci appellent donc d’autres solutions que la baisse des « coûts salariaux » et autres « charges sur les entreprises », ou encore que la prévarication du contrat de travail. Ce type d’actions en direction des entreprises pourrait être assuré par un pôle financier public, comme le propose la CGT, alors que le système bancaire ne les assure pas ou les assure mal. Voilà qui serait autrement plus efficace que les exonérations de cotisations et autres aides aux entreprises octroyées sans contrôle, qui grèvent les finances publiques ainsi que celles de la Sécurité sociale, et maintiennent un grand nombre d’entreprises dans un « assistanat » de mauvais aloi.

Article publié dans la lettre économique n°21 de la CGT.

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