CES : Pour une Europe sociale, citoyenne et démocratique !

Résolution adoptée par le Comité Exécutif de la CES, Bruxelles, 05-06 juin 2002

Les relations sociales en Europe sont en train de se détériorer rapidement. Plusieurs gouvernements dans les pays de l’Union mais aussi dans d’autres pays européens s’attaquent aux droits des travailleur(euse)s par la révision à la baisse et de façon unilatérale, des législations et des protections existantes. A son tour, le patronat continue de faire pression pour la déstructuration de la négociation collective.

Légende du Tableau
Nom Date de naissance Ville
Jacques 5/10/1970 Paris
Claire 12/2/1975 Belfort
Martin 1/31/1957 Nice
Marie 23/12/1948 Perpignan

Face à cette situation, la CES exprime son soutien et sa solidarité aux mobilisations et aux luttes qui se succèdent dans les différents pays ainsi qu’à la grève générale du 20 juin en Espagne. La CES considère particulièrement grave que les décisions du Gouvernement de Madrid interviennent pendant la Présidence espagnole de l’Union Européenne.

Le caractère généralisé de ces attaques réclame une réponse coordonnée à niveau européen à travers une campagne pour la défense des droits des salariés et du modèle social européen y compris des services publics, que la CES développera dans les prochains mois.

Gouvernements et patronat motivent souvent leur démarches par des prétendues exigences européennes.

Contrairement à cela, la CES rappelle comme elle l’avait déjà fait à la veille du Conseil Européen de Barcelone, que la stratégie de Lisbonne est fondée sur l’équilibre entre dynamisme économique, meilleur emploi et cohésion sociale.

Il est illusoire de croire qu’une plus forte compétitivité de l’économie européenne puisse être atteinte par une réduction de la protection et de garanties sociales quand, en tout premier lieu, elle dépend d’une politique économique active favorable à la croissance et à l’emploi, qui pour l’instant est loin de se matérialiser, ainsi que des investissements accrus dans l’innovation, la connaissance et la formation tout au long de la vie.

La CES souligne le risque d’une rupture du consensus autour de la stratégie de Lisbonne si des politiques pénalisantes pour le monde du travail devaient définitivement s’imposer au niveau européen. La CES considère en outre que dans la phase actuelle marquée par des changements profonds sur le plan économique et social, il est plus que jamais nécessaire que les travailleur (euse)s et leurs syndicats
soient rendus protagonistes de ce processus. Toute réforme touchant les conditions de travail doit être le résultat de la négociation collective et de la concertation sociale.

La CES s’attend que la Commission dans sa prochaine communication sur l’avenir des relations industrielles en Europe s’exprime pour les renforcer à tous les niveaux. Dans ce même optique il est urgent que la Commission engage la révision de la Directive sur les Comités d’Entreprise européens, en vue d’élargir son champ d’application et de rendre ses dispositions plus efficaces.

La CES réitère sa proposition à l’UNICE / CEEP de négocier les mesures nécessaires à encadrer socialement les restructurations industrielles tout en rappelant aux autorités européennes qu’elles ne peuvent pas se dérober de leurs responsabilités dans ce domaine. A ces préoccupations sur le plan social, d’autres s’ajoutent sur le plan politique.

La CES s’alarme plus particulièrement par la montée en flèche des mouvements d’extrême droite, populistes, racistes et xénophobes qui représentent la négation des principes démocratiques et des valeurs auxquelles s’inspire le syndicalisme. Leur discours démagogiques et simplistes exploitent les peurs des populations, leur désarroi et incertitude. Ils risquent de porter atteinte au processus d’élargissement de l’Union.

Face à cette réalité l’Europe doit se ressaisir. Une politique commune d’immigration et d’asile est indispensable et urgente. Le Conseil Européen de Séville serait toutefois malavisé de la réduire à une question purement sécuritaire.

L’exploitation des clandestins et le trafic des êtres humains doivent être stoppés mais la maîtrise de l’immigration doit s’accompagner d’une stratégie efficace d’intégration, fondée sur l’égalité des droits et de traitement ainsi que sur la tolérance et le respect des diversités culturelles.

Le mouvement syndical continuera à s’opposer radicalement à toute manifestation de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme et aux toutes sortes des discriminations sur les lieux du travail comme dans la société.

Redonner de l’espoir aux populations qui se sentent marginalisées par les changements en cours et qui vivent dans un climat d’insécurité pour leur avenir, demande aussi l’intensification de la lutte au chômage et aux inégalités sociales, par de politiques nationales et européennes porteuses des nouveaux emplois et de cohésion sociale.

L’Europe vit un moment important de son histoire à la veille de la réunification du continent suite à l’élargissement de l’Union. C’est le moment de réaffirmer, dans les faits, les valeurs sur lesquelles l’Europe est fondée. La Convention Européenne doit être capable de donner un nouveau souffle au projet européen avec la reconnaissance pleine de notre modèle social et des droits des citoyen(ne)s.

Seulement un plus d’Europe, sociale, citoyenne, démocratique peut faire échec aux forces qui prônent le retour au passé et consolider la légitimité de l’Union vis à vis du monde du travail et des nouvelles générations.

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