Informer, proposer, agir

Avoir une retraite convenable au moment où l’on ne travaillera plus, c’est ce chacun attend.
C’est ensemble, collectivement, de génération en génération, que nous devons garantir ce droit. L’épargne, la capitalisation qui sont des démarches essentiellement individuelles et qui n’offrent aucune garantie sur le long terme ne peuvent venir se substituer aux régimes de retraite par répartition. Le récent scandale d’ENRON aux USA vient une nouvelle fois de montrer le danger.
Alors comment faire ?

Il y a aujourd’hui beaucoup plus de retraités qu’hier. Nous avons fait face pendant trente ans aux nouveaux besoins de financement et cela dans une période de chômage massif. Rien n’est donc impossible. Mais demain, avec l’allongement positif de la durée de la vie, va se cumuler le départ à la retraite des générations nombreuses d’après-guerre. Le nombre de retraités augmentera de 50 % en trente ans. Il faut donc bien s’assurer que le contrat intergénérationnel qui lie retraités, actifs, jeunes demeure solide et va continuer à bien fonctionner. Il faut le conforter par des réformes qui garantiront la justice, la solidarité et les moyens de financement adaptés.

Le MEDEF a annoncé la couleur lors des négociations de l’année 2000. « Pas un sou de plus pour la retraite » tel est son leitmotiv. Les assureurs visent à occuper un nouveau marché qui s’ouvrirait si
le niveau des retraites devait s’effondrer. Au prix de quelles inégalités, avec quels risques pour les salariés ? C’est aussi la raison pour laquelle la CGT a décidé d’agir pour maîtriser et encadrer « l’épargne salariale » qui ne doit pas venir concurrencer le salaire et la retraite.

Le gouvernement prétend vouloir pérenniser le système par répartition mais prévoit de mettre en place un système de capitalisation complémentaire, ce qui fait douter du premier objectif. Il annonce concertation et négociations. La question désormais posée est de savoir sur quelles bases vont s’ouvrir les négociations annoncées par le gouvernement.

Cinq principes clairs

Pour la CGT, les choses sont claires. Nous voulons garantir la retraite sur la base de quelques principes communs à tous les régimes :
- le droit de partir à la retraite au plus tard à 60 ans à taux plein pour une durée d’activité complète. Les 60 ans demeurent bien ce repère collectif y compris pour les jeunes. L’abandon de cette référence et la substitution de la seule durée de cotisation pour l’ouverture des droits à la retraite, mesure réclamée par le MEDEF, serait très négative pour les nouvelles générations ;
- la garantie d’un taux de remplacement au minimum de 75 % pour une carrière complète de travail, plus pour les salariés les plus modestes. Cette garantie doit s’accompagner d’une indexation des retraites liquidées sur l’évolution des salaires pour empêcher un décrochage dangereux du niveau
de vie des retraités ;
- une durée de cotisation exigée qui permette à la grande majorité des salariés du public, comme du privé, d’obtenir le plein de leurs droits à 60 ans. La CGT propose de revenir aux 37,5 annuités, soit 150 trimestres pour tous. Au-delà, il faut répondre à l’impossibilité pour un grand nombre de jeunes entrés tardivement dans la vie active d’obtenir le nombre d’annuités nécessaires pour une retraite à taux plein à 60 ans. Pour cela, la CGT propose de modifier le mode de calcul des droits à partir de 18 ans en tenant compte des périodes d’études, d’apprentissage, de première recherche d’emploi, option qui offre des garanties supérieures. Elle permet d’apporter une réponse aux problèmes des jeunes qui rentrent de plus en plus tard dans une activité salariée stable et permettrait qu’ils reprennent confiance dans le système par répartition solidaire ;
- la reconnaissance des travaux pénibles et astreignants dans tous les régimes afin de tenir compte de différences dans les espérances de vie actuelle et les conditions de travail en défaveur des ouvriers et des salariés de différentes professions. Il s’agit de permettre à ces salariés de partir à la retraite de façon anticipée avant 60 ans ;
- la possibilité de départ à la retraite, dès qu’elles ont le plein de leurs droits, de personnes qui ont commencé à travailler dans les années soixante et ont le plus souvent travaillé dur avec de longues semaines de travail et peu de congés. Bien qu’à première vue cela puisse apparaître comme paradoxal, on voit que le droit à la retraite est solidement articulé au droit au travail, que l’un ne va pas sans l’autre.

Agir pour un socle commun de garanties

Ces cinq exigences qui s’articulent autour du droit à la retraite à 60 ans, constituent le socle collectif commun à tous les régimes. C’est autour de ces principes qu’il faut bâtir l’égalité de tous devant la retraite en refusant l’alignement systématique par le bas.

Au-delà chaque régime peut conserver ses spécificités juridiques, institutionnelles et de gestion. La CGT est pour le maintien des régimes spéciaux et de celui des fonctionnaires dans ce cadre d’égalité et de solidarité.

C’est pourquoi nous tenons à une négociation globale tripartite, syndicats, patronat et pouvoirs publics, articulée à des négociations spécifiques pour le secteur privé, pour les fonctionnaires, pour
les entreprises publiques.

La question de la réforme du financement des retraites est dès lors essentielle.
C’est pourquoi la CGT porte quatre exigences immédiates :
- intégration dans l’assiette de cotisations et dans le calcul de la retraite de tous les éléments de rémunération qui n’y sont pas actuellement soumis ;
- extension de l’assiette des cotisations patronales pour la retraite à l’ensemble de la valeur ajoutée crée dans les entreprises ;
- taxation des revenus financiers des entreprises à hauteur de la contribution des salariés ;
- recours ensuite à des augmentations de cotisations pour faire face aux besoins de financement supplémentaires non couverts par les mesures précédentes.

Nul doute que sur toutes ces questions l’affrontement sera dur compte tenu des enjeux sous-jacents. Les orientations du gouvernement de droite sont claires.

D’ores et déjà, il est évident que la question des retraites sera au coeur de la rentrée sociale. Dans ces conditions, une nouvelle étape de l’action a été décidée par le Comité confédéral de la CGT. Elle se déroulera les 25 et 26 septembre 2002. La participation de chaque salarié à la détermination des objectifs comme à la mobilisation est le gage du succès.

Jean-Christophe Le Duigou
Secrétaire de la CGT

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