Sécurité sociale : un choix de société !

Mis en cause et fragilisée par les choix économiques et sociaux du Medef et des Gouvernements successifs, notre système de protection sociale est en crise. Personne ne conteste ni la réalité de cette crise, ni le besoin d’y apporter remède.

C’est prétendument à ce titre, qu’après la réforme des régimes de retraite, le Gouvernement engage celle de la “branche maladie” et que le patronat passe à l’offensive.

Ainsi, Daniel Bouton, Président Directeur Général de la Société générale, a formulé au nom du groupe de travail sur l’assurance maladie du Medef, treize “suggestions” publiées dans le journal “Le Monde”.

Il propose toute une série de mesures particulièrement régressives : déremboursements, prise en charge accrue par les mutuelles et les assurés sociaux des dépenses de santé, droit à récupération de ces dernières sur les successions, augmentation des prélèvements sur les retraités, variation du taux de la Contribution Sociale Généralisée en fonction de l’âge des patients, fin de la gestion de la CNAM par les partenaires sociaux, intégration de la loi de financement de la Sécurité sociale au budget de l’Etat, affirmation du principe concurrentiel et montée en puissance des assurances…

Si de telles mesures devaient être adoptées, les inégalités devant l’accès aux soins seraient considérablement accrues. Notre système de protection sociale, basé depuis sa création sur des valeurs de solidarité, d’unicité, d’universalité et de démocratie serait fondamentalement remis en cause.

La santé est un droit fondamental individuel et collectif. C’est pourquoi la Sécurité sociale doit disposer des ressources nécessaires au financement de ses missions. Pour la CGT, il faut en finir avec la logique des plans d’austérité et de restructuration en matière de santé dont on mesure aujourd’hui les dégâts.

La CGT propose que s’instaure un débat public pour une réforme du financement de la Sécurité sociale devant permettre de définir le volume des richesses créées consacré à la santé à un moment où la hausse des dépenses paraît inéluctable (progrès des technologies médicales, vieillissement de la population, augmentation de l’espérance de vie…).

Fixer à 4 % le taux d’évolution des dépenses de santé en 2004 relève de la provocation. Cette prévision, inférieure à la progression constatée en 2003, donne la mesure des restrictions que ce Gouvernement entend mettre en œuvre. Elle s’inscrit dans la perspective de nouvelles réductions drastiques en matière de réponse aux besoins de santé et de prise en charge par le régime général obligatoire. Elle ne réglera en rien le problème du déséquilibre financier de la Sécurité sociale.

L’exigence de choix économiques et sociaux favorables au monde du travail doit être prise en compte dans la loi de financement de Sécurité sociale pour 2004 comme dans la réforme de notre système de soins et de protection sociale.

La sécurité sociale a besoin de ressources pérennes, ce qui implique :
- de combattre le chômage et d’accélérer la croissance économique par la relance du pouvoir d’achat.
- d’étendre l’assiette des cotisations à l’ensemble des richesses créées par le travail et aux revenus financiers.
- De moduler les cotisations en fonction de la masse salariale et de la gestion financière des entreprises afin de promouvoir le travail qualifié, bien rémunéré et les investissements productifs créateurs d’emplois.

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